« Amia rano ! » (Donnez-nous de l’eau !)

A quelques jours de l’élection présidentielle à Madagascar, contrairement à mes anticipations, aucun de ces nombreux candidats n’a promis de régler la situation de l’eau dans la ville de Diégo.

C’est peut-être mieux ainsi car au moins on sait ce qui nous attend au lieu d’espérer la réalisation des promesses, comme celle de la résolution des délestages qui, jusqu’à ce jour, un mandat présidentiel plus tard, subsistent toujours.

Bien que l’envie me prend d’écrire (encore une fois) à ce propos, tel n’est pas le sujet de mon billet aujourd’hui. Aujourd’hui je veux seulement parler de l’eau. L’eau, source de vie, qui manque cruellement à Diégo depuis des années. Étonnamment, personne n’en parle : ni le gouvernement, encore moins la JIRAMA (la compagnie qui gère l’approvisionnement en eau et électricité de Madagascar). Cette dernière retrouve pourtant la voix pour annoncer une hausse de 800% du coût de l’eau, qu’elle a ensuite démentie. La population ignore même les raisons de toutes ces coupures. Les spéculations vont bon train mais personne n’ose se plaindre par peur de représailles.

Image par Rony Michaud, via Pixabay.

Le problème ne fait qu’empirer

Il y a un quelques années, j’avais écrit (ici et ici) sur les problèmes d’accès à l’eau dans ma ville. A l’époque, il fallait veiller tard chaque jour dans la nuit pour pouvoir recueillir l’eau. Actuellement, les coupures peuvent durer jusqu’à plusieurs jours. L’OMS dit que chaque personne a besoin d’au minimum de 20 litres d’eau potable par jour et ne doit pas marcher plus de 15 minutes pour se les procurer.

Bidons jaunes

File de bidons à la fontaine publique. Image prise par moi-même.

Je peux dire qu’en ce moment, on est bien loin du compte. Il va sans dire que tout ceci rend la vie quotidienne déjà dure encore plus difficile. En plus des autres tâches qu’ils doivent effectuer, les gens doivent également passer encore plus de temps à la recherche de l’eau. La quête de l’eau est en train de devenir un travail à plein temps. Et je ne vais même pas parler de la salubrité de cette eau, sachant que la plupart du temps, elle ressemble plus à de l’eau boueuse, spécialement pendant la saison des pluies.

Mes questions pour la JIRAMA et les autorités …

La population mérite de savoir :

  • Pourquoi doit-elle souffrir autant rien que pour avoir seulement un peu d’eau ?
  • Si problème il y a (évidemment qu’il y a un problème quelque part), qu’est-ce qui est en train de se faire pour les résoudre ?
  • Et le plus important, quand est-ce qu’on pourra enfin avoir de l’eau, de préférence potable, tous les jours ? Plus précisément, quand est-ce que ces coupures d’eau vont enfin cesser ?

Comme le chante si bien ce cher Jaojoby, « Amia rano! Zahay mila rano ! » (Donnez-nous de l’eau! On veut de l’eau!)

 

À propos de l'auteur

Sophie

Je suis native de Madagascar. J’adore voyager, découvrir de nouveaux horizons. J'aime beaucoup écrire et à mes heures perdues, je préfère la lecture à la télévision. Parmi mes auteurs préférés, je cite Agatha Christie, Dan Brown, Marc Levy et Ken Follett. J’aimerai avoir l’opportunité de contribuer à l’émancipation des femmes et à l’égalité des genres, et à encourager les femmes à opter pour des carrières dans les sciences.

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